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Janvier 2009

La DDASS nous informe... attention ROUGEOLE

Des cas de rougeole en Seine Saint Denis

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PREFECTURE DE LA SEINE SAINT DENIS
DIRECTION DEPARTEMENTALE DES AFFAIRES SANITAIRES ET SOCIALES DE LA SEINE-SAINT-DENIS
      
      BOBIGNY, LE 7 JANVIER 2009

Service de Veille Sanitaire
Affaire suivie par Docteur BRUEL

Le Directeur Départemental des Affaires Sanitaires et Sociales
Tél  : 01 41 6071 71
Fax : 01 41 6071 59

A Madame, Monsieur, Cher Confrère

Objet : Cas groupés de rougeoIe dans le département

Le service de veille sanitaire de la DDASS a reçu le 6/01/09 trois déclarations obligatoires de cas confirmés de rougeole. Il s'agit de deux adultes de 25 ans et d'un adolescent de 14 ans non vaccinés résidant à Montfermeil, Sevran, Drancy ; 2 personnes sont de la même famille.
Une investigation autour des cas est en cours par notre service afin de repérer les sujets contacts et les vacciner si nécessaire.
Ces cas témoignent d'une circulation du virus de la rougeole dans notre département et indiquent qu'un risque épidémique persiste. En effet, la couverture vaccinale (pour la classe d'âge CM2 en 2004 est de seulement 81% en IDF pour les deux doses requises à cet âge) reste inférieure à celle qui permettrait l'arrêt de la circulation du virus de la rougeole (95% à deux doses).
Cette situation épidémiologique, où les jeunes adultes non vaccinés et n'ayant pas rencontré le virus constitue un réservoir de sujets réceptifs, est préoccupante car les complications de la rougeole s'avèrent plus fréquentes et plus sévères chez les très jeunes enfants (moins de I an) et les adultes.
Dans ce contexte, il convient de rappeler que la rougeole est une maladie à déclaration obligatoire (signalement sans délai à la DDASS de toute suspicion de rougeole et notification). De même, tout diagnostic clinique doit être confirmé biologiquement par la recherche d'Ig M spécifiques par sérologie ou sur prélèvement salivaire (les kits de prélèvement sont disponibles sur demande à la DDASS). Par ailleurs, différentes mesures de contrôle sont à mettre en oeuvre autour d'un cas, notamment la vaccination post- exposition chez des sujets contacts réceptifs (qui est efficace lorsqu'elle est administrée dans les 72 heures suivant le contact) et la mise à jour des vaccinations.
La recherche et la définition des sujets contacts se feront en collaboration avec notre service.

Formulaire disponible sur le site Internet de l'InVS http//www.invs.sante.fr
Immeuble Européen - 5 - 7. Promenade Jean Rostand - 93005 BOBIGNY Cedex
Tél. 01.41 60.70.00 - télécopie direction : 01 41 60.70 66. E-Mail: dd93-direction@sante.gouv.fr


Une éviction scolaire ou du travail est nécessaire pour une durée de cinq jours après le début de l'éruption.
Cet épisode permet enfin de souligner l'importance de vérifier et de mettre à jour la vaccination de votre clientèle selon les recommandations vaccinales en France

Vous trouverez ci-après les informations concernant cette pathologie, un rappel sur le calendrier vaccinal ainsi que les coordonnées du service.

A signaler: un nouveau cas confirmé ce jour: adulte de 23 ans résidant au Raincy.

                                 P/le Directeur Départemental des Affaires Sanitaires et Sociales
                                           Le Médecin Inspecteur de Santé Publique
                                                          Docteur Christiane BRUEL
                       Immeuble Européen - 5 - 7. Promenade Jean Rostand - 93005 BOBIGNY Cedex
  Tél. 01.41 60.70.00 - télécopie direction : 01 41 60.70 66. E-Mail: dd93-direction@sante.gouv.fr


 

Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales de la Seine-Saint-Denis

RAPPEL ROUGEOLE

  1. RAPPEL CLINIQUE

La rougeole est une infection due à un germe morbilivirus (paramyxoviridae). C'est l'une des maladies les plus contagieuses. Le virus se transmet essentiellement par voie aérienne, directement à partir d'un malade soit indirectement, en raison de sa persistance dans l'air ou sur une surface contaminée par des sécrétions naso-pharyngées. Elle se manifeste par une fièvre supérieure à 38,5°C, suivie d'une toux intense, d'un écoulement nasal et d'une conjonctivite, accompagnée d'un malaise général et de fatigue. L'éruption cutanée débute derrière les oreilles puis au visage et s'étend progressivement sur le reste du corps. La maladie est contagieuse un jour avant le premier symptôme et les cinq jours qui suivent le début de l'éruption.

La rougeole n'est ni bénigne, ni réservée à l'enfant. Désormais, elle touche de plus en plus d'adolescents et d'adultes. Elle peut s'accompagner de complications chez les patients âgés de moins de un an et de plus de vingt ans : otites, pneumonies, voire parfois encéphalites aiguës (inflammation du cerveau). De plus, la rougeole fragilise l'enfant et le rend vulnérable à d'autres maladies.

La rougeole est une maladie à déclaration obligatoire (Circulaire N° DGS/SD5C/2005/303 du 4 juillet relative à la transmission obligatoire de donnéesindividuelles à l'autorité sanitaire en cas de rougeole et la mise en œuvre de mesures préventives autour d'un cas ou de cas groupés)

  1. DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

Le diagnostic biologique repose notamment sur la mise en évidence d'IgM spécifiques sur un premier prélèvement ou sur l'élévation d'au moins 4 fois du titre des IgG sur 2 prélèvements espacés de 10 à 20 jours, en s'assurant toutefois qu'il n'y a pas eu de vaccination dans les 2 mois précédant le prélèvement.

  • a. SEROLOGIE SUR PRELEVEMENT DE SANG POUR RECHERCHE D'IgM

C'est la technique de référence pour le diagnostic de la rougeole Þ à privilégier

  • b. DETECTION D'IgM salivaires

Le diagnostic de rougeole sur salive, tout comme la sérologie, doit se faire en l'absence de vaccination contre la maladie dans les deux mois précédent le prélèvement. Les IgM apparaissent dans la salive à peu près en même temps que dans le sang Þ Kit disponible à la Ddass

  • c. CULTURE

Le virus est présent au niveau du rhinopharynx, de l'urine et des lymphocytes du sang périphérique au cours des phases d'invasion et éruptive.

L'isolement du virus de la rougeole par la culture n'est pas pratiqué en diagnostic de routine, mais peut être réalisé pour identification du génome viral et identification de l'origine géographique de la souche.           

CONDUITE A TENIR AUTOUR D'UN CAS DE ROUGEOLE

  • I. Mesures à prendre pour le malade

C'est le médecin en charge du malade qui prend les mesures suivantes :

  • Signalement, notification du cas et confirmation biologique

  • Identification de la source de contamination

Recherche par l'interrogatoire si le malade a côtoyé un cas de rougeole dans les 7 à 18 jours avant le début de l'éruption (notion d'un contage).

  • Eviction de la collectivité du malade
  • Þ Elle est recommandée pendant toute la période de contagiosité, à savoir jusqu'à 5 jours après le début de l'éruption (voir notamment le guide des conduites à tenir en cas de maladies transmissibles dans une collectivité d'enfants du CSHPF du 14/03/03, site Internet http://www.sante.gouv.fr/).
  • Þ En cas d'hospitalisation, les soignants mettent en place des mesures d'isolement septique adaptées durant une phase catarrhale suspecte de rougeole et jusqu'à 5 jours après le début de l'éruption (voir le guide « Isolement septique » de 1998 édité par le ministère en charge de la santé).
  • II. Mesures à prendre pour l'entourage familial, les contacts proches, les contacts en crèche et en halte garderie

Le médecin en charge du malade prend les mesures concernant l'entourage familial. Le MISP de la DDASS est chargé, en liaison avec les médecins des services concernés des mesures concernant les contacts extra familiaux. Les mesures suivantes sont à mettre en place qu'il s'agisse d'un cas confirmé ou d'un cas clinique non confirmé :

  • Recherche d'autres cas par l'interrogatoire

Cas clinique non confirmé car il n'y a pas eu d'investigation biologique ou la confirmation biologique est en cours ou les prélèvements sont négatifs mais ont été effectués trop précocement ou trop tardivement.

  • Recommandations pour la confirmation biologique des cas de rougeole

Les examens biologiques sont inutiles pour les contacts asymptomatiques.

  • Identification des sujets contacts

Dans l'entourage familial et contacts extra familiaux : enfants gardés par la même assistante maternelle, assistante maternelle, enfants et adultes de la même section de crèche ou de halte garderie.

  • Vérification du statut vaccinal et vaccination, si nécessaire, des sujets contacts proches, des contacts en crèche et en halte garderie

Le statut vaccinal doit être documenté sur le carnet de santé ou le carnet de vaccination, sinon, la personne est considérée comme non immunisée, potentiellement réceptive à la rougeole.

  • tous les enfants âgés de 24 mois devraient avoir reçu deux doses de vaccin : la première dose est recommandée à l'âge de 12mois. La seconde dose est recommandée entre 13 et 24 mois, en respectant un intervalle d'au moins un mois entre les deux vaccinations.
  • le vaccin peut être administré dès l'âge de 9mois, en cas d'entrée en collectivité. Dans ce cas, la deuxième dose entre 12 et 15 mois est recommandée et suffit.
  • les enfants entre 24 mois et 16 ans en 2008, devraient avoir reçu deux doses de vaccin.
  • les personnes de 17 à 28 ans en 2008, n'ayant jamais été vaccinées contre la rougeole devraient avoir reçu une dose de vaccin. Il est nécessaire de s'assurer de l'absence de grossesse débutante et d'éviter toute grossesse dans les deux mois qui suivent la vaccination, en raison d'un risque de malformation du fœtus.
  • les personnes de 29 à 42 ans en 2008, non vaccinés et sans antécédents de rougeole ® une dose de vaccin trivalent (déconseillée pendant la grossesse, cependant, une vaccination réalisée accidentellement chez une femme enceinte ne doit pas conduire à un avis d'interruption médicale de grossesse).
  • Immunoglobulines (IG) polyvalentes en post-exposition avec un cas confirmé

Le Médecin traitant des sujets contacts, en liaison avec un service hospitalier (pédiatre ou infectiologie), évalue au cas par cas l'intérêt de l'administration d'immunoglobulines (IG) polyvalentes en post-exposition à un cas confirmé.

Elles peuvent être efficaces si elles sont administrées au cours des 6 jours qui suivent le contage. Leur administration se fait par voie intraveineuse et nécessite une courte hospitalisation.

Les indications recommandées par le CSHPF dans ce contexte sont :
- La femme enceinte non vaccinée et sans antécédents de rougeole.
- Le sujet immunodéprimé.
- Les enfants de moins de 6 mois dont la mère présente une rougeole.
- Les enfants âgés de 6 à 11 mois non vaccinés en post-exposition.

Après avoir reçu des IG pour une exposition à la rougeole, une vaccination avec le vaccin trivalent est recommandée aux âges prévus par le calendrier vaccinal (voir annexe). Un délai d'au moins 3 mois après l'administration des IG sera respecté.

OÙ ADRESSER LE SIGNALEMENT ET LA NOTIFICATION OBLIGATOIRE :  

Les jours de semaines (lundi à vendredi : 8h-18h)

DDASS Cellule Veille et Sécurité Sanitaire

Secrétariat : 01.41.60.71.55 -  01.41.60.70.69 -

Fax : 01.41.60.71.59

Mail : dd93-epidemio@sante.gouv.fr

                    Le soir, les week-end et les jours fériés
           Vous pouvez appeler le standard de la préfecture au

01-41-60-60-60
qui transmettra à l'astreinte de la DDASS

FICHE D'INFORMATION SUR LES KITS DE PRELEVEMENTS

SALIVAIRES POUR LA CONFIRMATION BIOLOGIQUE

DES CAS DE ROUGEOLE

  

Approvisionnement des médecins

Les médecins libéraux ont la possibilité de faire une demande de kits auprès de la DDASS

(par fax, téléphone ou par l'intermédiaire de la fiche de DO).

Les DDASS enverront aux médecins par voie postale les kits demandés.

 

Composition d'un kit de prélèvement

- un écouvillon en mousse dans un tube en plastique fermé (voir ci-contre) qui se conserve à température ambiante ;

- une étiquette et une boîte de transport ;

- une fiche de renseignements pour le CNR ;

- une enveloppe pré-affranchie à l'adresse du CNR*.

Intérêt des prélèvements salivaires

Les IgM apparaissant dans la salive à peu près en même temps que dans le sang, il est recommandé d'effectuer le prélèvement de salive à partir du 3ème jour de l'éruption. Si le prélèvement est plus précoce et si la recherche d'IgM est négative, une PCR pour la détection du génome viral sera effectuée. En cas de PCR positive, un séquençage des gènes amplifiés sera réalisé au CNR** afin d'identifier l'origine des virus. Ce prélèvement est non-invasif. Il suffit de frotter la face interne des joues/gencives du malade pendant 1 minute environ avec la petite éponge fournie jusqu'à ce que celle-ci soit imbibée de salive.

Une fois le prélèvement réalisé, l'écouvillon est remis dans le tube plastique qui est identifié par une étiquette sur laquelle doivent être inscrits le nom, le prénom et la date de naissance du patient. Puis ce tube est placé dans la boîte de transport qui est placée dans l'enveloppe. L'envoi peut se faire à température ambiante, par voie postale normale.

La fiche de renseignements complétée doit accompagner le prélèvement et faire apparaître les coordonnées du médecin prescripteur.

Les analyses des prélèvements sont gratuites pour le patient.

Les résultats seront ensuite adressés par le CNR au médecin prescripteur.

* Laboratoire associé au CNR : Laboratoire de virologie humaine et moléculaire, CHU, avenue G. Clémenceau, 14 033 Caen cedex - Tél. : 02 31 27 25 54 - Fax. : 02 31 27 25 57

** CNR : Unité 404 "Immunité et vaccination" - Centre d'études et de recherches en virologie et immunologie (CERVI), 21 avenue Tony Garnier, 69 365 Lyon cedex 07 - Tél. : 04 37 28 23 90 - Fax. : 04 37 28 23 91

Institut de Veille Sanitaire, Département des maladies infectieuses, 12 rue du Val d'Osne, 94 415 St Maurice cedex - Tél. : 01.41.79.67.00 - Fax. : 01.41.79.68.72

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